Livre 2 - suite / L’anniversaire d’Onirym …

Préparatifs intensifs !

Depuis le lever du soleil, le palais fourmille d’une activité toute particulière …

Tout le monde a le sourire aux lèvres et le culte du secret …

Car demain c’est l’anniversaire du seigneur Onirym ! Les occasions d’être joyeux et de faire la fête sont rares, surtout en ce moment. Et les mauvaises langues disent même que ça risque peut être bien d'être la dernière occasion …

Alors personne au palais ne veut louper ça et tout le monde contribue à la surprise et à la réussite de l'événement !

Plume

Pour Pépette c’est un mélange de joie, d'excitation et de supplice ! Elle adore les anniversaires et elle apprécie tant Onirym … La difficulté est de trouver un cadeau à la hauteur de son admiration pour son ami ! Et c’est là que ça se complique ! Depuis le matin, elle sillonne les rues marchandes de la cité, passant d'échoppe en échoppe pour trouver LE cadeau idéal !

Une belle épée ? Bof Onirym n'est pas plus porté que ça sur les armes … Et ça risque de trop rappeler les sombres batailles qui se préparent ...

Une belle cape ? C’est déjà ce qu’elle lui a offert l’année dernière …

Un bijou ? C’est vrai qu’il y a cette bague en or avec une licorne qu’il porte souvent … Mais du coup quoi lui acheter d'autres ?

Brindille lui a conseillé de lui faire un cadeau très “personnel” en donnant de “sa personne”. Pépette n'a pas bien compris ce qu’insinuait là son amie … Mais depuis qu’elle sort avec Gogo elle a des idées un peu ollé ollé ! Et donc Pépette ne pense pas que ce soit adapté à la situation …

Oh la la que c’est compliqué de trouver un cadeau …

Elle est sur le point, désespérée, de jeter son dévolu sur une grande chope ouvragée ou il est gravé en runes : "je bois pour oublier", quand un homme vient poser sa main sur son épaule et lui souffle : si vous cherchez un cadeau pour votre bon seigneur, j’ai se qu’il lui faut … Suivez-moi …

Barre

Dans les cuisines du palais, la tension est à son comble ! Cuistot finit d’écrire le menu. Tout est parfait ! A part le vin et la bière bien sûr … Du coup il a fallu trouver des plats qui s'harmonisent avec le sirop de grenadine. Il est donc parti sur un repas complet exotique avec des épices et des mélanges sucrés / salés. Ce qui l'inquiète c’est le dessert ! Comment faire un gâteau digne de se nom quand la farine a un goût de cendre ?

Boris entre dans la cuisine, pose une besace sur la table et en sort plusieurs pots.

Boris : voilà votre commande Cuistot ! Vous êtes vraiment sûr que vous voulez aller sur cette voie ? Il n’y aura pas de retour possible lorsque vous y aurez goûté !

Cuistot : quand on voit se que cela donne sur vous, non je suis pas sûr … Mais je n’ai pas le choix ! Donc vous êtes sûr que vos poudres de champignons vont pouvoir remplacer la farine ?

Boris : Absolument !

Cuistot : et au niveau du goût ?

Boris ; ne vous inquiétez pas pour ça ! Au bout de deux bouchées de votre "space-cake" les convives ne se soucieront absolument plus du tout du goût !

Cuistot : c’est bien ce qui m'inquiète quand même …

Boris : c’est à vous de voir, je vous oblige pas … Mais franchement vous voulez réaliser un gâteau fade et insipide pour l’anniversaire d’Onirym ? Ou réaliser un gâteau si exceptionnel que tout le monde s’en souviendra encore dans 10 ans !

Cuistot : et ça se marie bien avec des fraises ? Parce que j’avais envie de mettre des fraises …

Boris : absolument ! Allez je vous laisse tout ! Bonne cuisine !

Chorale

Dans les jardins du palais, sous une petite tonnelle Gontrand, Percifal, Griselda, Gogo et Etincelle sont réunies.

Gontrand : voici la chanson que j’ai écrit en hommage à Onirym. On pourra la chanter demain lors du banquet, se sera notre cadeau ! Vous êtes prêts ? Allons-y !

Avec Onirym la vie n’est pas facile !

Faut dire qu’il frime et n'est pas très docile !

Mais dans toutes les tavernes et auberges de la ville

On chante son caractère et ses manières

Même si ça fait longtemps qu’il n'a pas taquiné la vierge et que l'héritier se fait attendre …

Faudrait peut-être lui offrir une pucelle pas trop farouche pour réchauffer sa couche …

Et la vue de son derrière,

Va peut être éveiller ses sens, tachons qu’ils savent s’entendre …

Nous chanterons cette chanson aussi fort que nous pourrons

Pour couvrir les ébats du couple valeureux

En espérant qu’il ne se termine pas avant la fin de la chanson !

Et qu’il sache rendre la douce heureuse …

Etincelle : c’est un peu osé comme chanson non ?

Gontrand : non.

Percifal : non.

Gontrand : le sujet est trivial, mais c’est du second degré, c’est cela l'art …

Etincelle : et bien espérons que tout le monde y soit sensible et perçoive bien la descente de niveau … 

Griselda : on devrait pas ajouter deux ou trois compliments histoire d’arrondir les angles ?

Gontrand : non ma chanson est parfaite !

Percifal : moi je rajouterai juste un petit solo de flutiau sur la fin !

Gontrand : vendu !

Onirym s'éveille

Onirym s'éveille

Onirym ouvre les yeux, s’étire, baille, s’étire encore un coup …

Une petite voix fluette se fait entendre : bonjour monseigneur, désirez-vous une nouvelle chemise ?

Onirym tourne la tête et remarque sa jeune nouvelle servante, dans un coin de la pièce.

Onirym : je ne vous ais pas entendu entrer … Votre style discret change beaucoup de ma dernière chambrière  … Comment vous appelez vous déjà ma petite ?

La jeune fille rougit et plonge dans une étude approfondie de ses chaussures : je m’appelle Roxanne monseigneur …

Onirym saute du lit : et bien bonjour Roxanne ! Je vous souhaite une belle journée ! Ouvrez donc les rideaux que l’on voit quel temps magnifique va accompagner cette nouvelle journée !

Pendant qu’Onirym enfile une chemise propre, la jeune fille tire les rideaux, et derrière les fenêtres on peut apercevoir les gros nuages gris qui déversent une pluie fine sur toute la ville ! Le ciel est bas et chargé, généralement quand c’est comme cela il y en a pour toute la journée …

Onirym : bon et bien c’est pas aujourd'hui qu’on va aller faire un pic-nic champêtre ! Au moins on peut espérer que cette pluie nettoie les rues de la cité.

La jeune fille ne répond pas, faisant semblant d’être très occupée à remettre en place tous les plis des rideaux …

Onirym : et mademoiselle faut se détendre ! Je suis pas un ogre ! Je ne vais pas vous manger !

Roxanne : excusez moi Sir c’est que vous m’intimidez énormément …

Onirym est surpris ! C’est pas vrai, alors si … J’intimide encore quelqu’un dans ce palais … Je pensais pas ! Bon faites moi préparer un bon bain et mes affaires pour la journée. Je descends aux cuisines manger un bout et après je vais me préparer pour les festivités ! Parce qu'aujourd’hui c’est mon anniversaire ! !Tra la la la lère !!!

Roxanne : selon vos bons désirs Sir ….

Onirym file se restaurer en ce disant que, quand même, Fribon y était allé fort avec sa nouvelle femme de chambre … Le contraste avec Marion est rude !

Barre

Plusieurs heures plus tard, Onirym sort de ses appartements et se dirige vers le grand salon d’apparat. 

Il n’a vu personne de la matinée ! Tout le monde l’évite … Les gens ont de drôles de manières de souhaiter son anniversaire quand même !

Lorsqu’il pousse les portes, il est accueilli par un hurlement collectif : JOYEUX ANNIVERSAIRE SIR !!!

Onirym : oh lala … Je ne m'y attendais pas du tout les amis …

Le défilé des cadeaux

Les invités ont tous l’air ravis, certains de leur petite surprise, sans comprendre (ou faisait exprès de pas comprendre) le second degré de la dernière réplique d’Onirym.

Pépette se jette sur lui, l'enlace chaleureusement et lui dépose deux gros poutous sur chaque joue.

Pépette : joyeux anniversaire Onirym ! Je suis ravie de partager cette journée avec toi !

Brindille et Etincelle se précipitent également et les trois fées enlacent Onirym dans un élan de joie et de gaieté. Il y en a même une qui en profite pour lui pincer les fesses !

Puis Pépette prend Onirym par la main et l'emmène s’installer au bout de la table.

Pendant que les domestiques apportent les premiers plats et remplissent les verres de sirop de grenadine, Fribon, Garmir, Thondurm, Gogo et tous les autres viennent présenter leurs hommages au seigneur.

Frise

Puis c’est le défilé des cadeaux …

Fribon offre un écrin dans lequel se trouve un écu d’or …

Onirym dit : c’est cool, vous m’offrez une pièce de mon propre trésor …

Fribon : mais non Sir regardez bien ! Sur la pièce ! Je l’ai faite gravée à votre effigie !

Onirym: ah… j’avais pas remarqué … C’est peut être parce que c’est pas mon meilleur profil ?

Thondurm : non c’est dû à la forme de votre nez … Mais quel que soit le profil, le problème sera le même … Tenez regardez plutôt mon cadeau ! C’est une perruque naine !

Onirym : C'est une perruque ?

Thondurm : oui c'est une perruque de barbe ! Comme ca vous pourrez avoir une vraie barbe naine !!!

Onirym : quelle belle attention …

Pépette : ah moi à moi !!!

Un domestique arrive, portant une cage recouverte d’un tissu. Pépette soulève le voile et on peut voir à l’intérieur de la cage un magnifique faucon !

Onirym : Oh !!! Je m’attendais pas à ça !!! Merci, ça me fait très plaisir de votre part Pépette !

Pépette : je suis contente que ca vous plaise !!! Je ne savais pas trop en fait … Mais j’ai bien été conseillée et le marchand m’a assuré que c’était un faucon spécial et particulier, exprès pour vous !

Onirym : et bien vraiment merci …

Mestre Céryl se lève et déroule un parchemin.

Céryl : pour ma part j’ai passé plusieurs jours à consulter les archives du royaume et j’ai trouvé un document … Sûrement la première mention d’Onirym sur le royaume !

Onirym fronce les sourcils …

Pépette : il s’agit de son acte de naissance ?

Céryl : pas vraiment … C’est plutôt une note de la milice, qui relate un incident dans une taverne de la ville, mettant en cause un certain “Onirym le coureur des bois”, je vous en fais lecture !

Onirym : c’est pas la peine ! Ca n’intéresse personne ! Vous savez ces ragots de milice …

Garmir : ah bas c’est sympa ça ! Je vous rappelle que la milice est particulièrement efficace, dans son périmètre d'activité ! Pour ma part, voici mon cadeau : une nouvelle selle pour votre canasson !

Onirym : merci c’est mon cheval qui va être content !

Garmir : et votre popotin après une longue journée de chevauché !

Beornbryn se lève et s’approche d’Onirym. Il le salue respectueusement et lui remet un parchemin.

Onirym décachète le document et en prend lecture.

Onirym : 100 000 écus d’or ?

Beornbryn : oui c’est la facture pour les Loups de Sang. On travaille pas pour de l’eau claire !

Que la fête commence !

Que la fête commence !

Onirym : merci beaucoup … Mais vous auriez pu l’offrir directement à Fribon … C’est lui qui va vous régler !

Beornbryn : oui mais comme c’est votre anniv’ je vous ai fait une petite réduction … Bon anniversaire !

Onirym : c’est vraiment très gentil …

Le repas se poursuit. L’ambiance est légère et les éclats de rire fusent de toute part …

Au moment d’un changement de plat, Gontrand et sa clique exécutent leur petite chanson d’anniversaire.

Onirym en pleure de rire du début à la fin : et bien les amis merci beaucoup pour cette belle ballade lyrique et satirique ! Cher Gontrand permettez-moi de vous dire que je trouve que vous vous améliorez grandement ! C’est très gentil de me rappeler ma triste condition d’homme seul … Mais c’est là le lot de toute personne de pouvoir !

Percifon ouvre la bouche mais Onirym reprend de suite : et non je ne suis pas désespéré au point d’accepter en cadeau une horde de dames peu farouches !!! Votre présence à vous me suffit les amis !

La fête bat son plein. Les plats se succèdent, Cuistot c’est surpassé ! Même si au fond chaque convive regrette que le vin ne puisse couler à flot …

C’est alors que Marion entre, accompagnée de quatre orcs. Elle est habillée à la mode orc, les cheveux tressés, vêtue de cuir, le corps recouvert de peintures de guerre ! Ca lui donne un air farouche et s’il y a bien une humaine qui peut se permettre de s'habiller comme cela sans paraître ridicule c’est bien elle !

Ces acolytes posent lourdement sur la table des outres gonflées.

Marion : et bien tout le monde fait la gueule ou quoi ? Il me semble que l’année dernière à la même heure il y avait au moins la moitié d'entre vous qui avait déjà roulé sous la table ? C’est le sirop de grenadine ? C’est pas assez fort pour vous ? Alors voici mon cadeau ! Des outres de vin et d’alcool orc ! Spécialement bénit par nos chamans ! Que la fête commence !!!

Le contenu d’une première outre est partagé entre les convives et le doux parfum de l’alcool envahi l’assemblée …

Piquette entre en titubant et gueulant : et c’est de la bonne ! Je vous garantis !!! Ouh ouhhhh !!! Vive la fête !!!

 

La fête prend donc une tournure plus dynamique ! Peu à peu l’alcool fait son œuvre …

Onirym : oh lala je vais pas être frais moi ! Je dois quand même pouvoir tenir assis, cet après midi je reçois tous les chefs de guilde et les notables de la cité qui veulent me rendre hommage …

Garmir : on s’en fou ! Vous n'avez qu’à envoyer quelqu’un vous représenter ! C’est votre droit après tout ! Tiens, prenez Fribon ! Il boit pas, il a déjà un balai dans le cul il sera parfait pour la mission !

Tout le monde rigole (sauf peut-être Fribon).

 

La porte s’ouvre à nouveau, et un elfe entre, le pas léger.

Trompettes et fanfare

Trompettes et fanfare

Thondurm gueule : mais quel est cet elfe qui a l'outrecuidance d’arriver en retard ?

Le jeune elfe parle d’une voix douce : je ne suis pas en retard il me semble … J’ai reçu une note du grand chancelier qui me spécifie de venir à cette heure-ci …

Thondurm ricane : oups ! Mon scribe a dû se tromper quand je lui ai dicté l’heure …

Jeune elfe : cela importe peu ! Mon seigneur Onirym je suis Gaelfen et je viens me mettre à votre service.

Onirym : enchanté Gaelfen ! Prenez place !

Gaelfen : j’ai ceci en hommage, et présent, pour vous. Il s’agit d’une dague elfique, nommée larme du matin. Sa lame d’argent brille en toute occasion.

Thondurm : pratique pour aller pisser la nuit ! Plus besoin d'allumer la chandelle !

Gaelfen imperturbable poursuit : elle fut forgée il y a un millénaire à partir d’un métal tombé des étoiles et durcit dans de l’eau récoltée dans une forêt magique à partir de gouttes de rosée. Cette lame est la preuve du grand respect que le peuple elfe porte à votre personne et à votre croisade contre le mal.

Onirym : je vous remercie Gaelfen ! Bienvenue dans l’équipe !

Thondurm bougonne : pfffff une dague magique franchement c’est surfait comme cadeau !

Garmir réplique : tout comme une perruque naine non ?

Tout le monde éclate de rire et la fête continue !!!!

Barre

Encore plus tard, les domestiques sont en train de dresser la table pour apporter le dessert. Le fameux gâteau magique de Cuistot …

Tout le monde se lève pour porter un toast. Au moment de boire, un gigantesque bruit de tambour, trompettes et fanfare fait sursauter l'assemblée ! Le vin gicle partout arrosant tous les convives !

Les invités se regardent, médusés, le vin coulant sur les joues, encore surpris par ce concert intempestif provenant de dessous les fenêtres du palais.

Une ombre se glisse derrière le fauteuil d’Onirym. Une main se pose sur son bras.

Sinara vient déposer un doux baiser délicat sur sa joue.

Sinara : et bien monseigneur, ne me dites pas que c’est quelques trompettes qui vont vous faire peur au point de jeter votre coupe de vin à votre visage ?

Onirym : Si …. nara ?

La jeune fille fait le tour du fauteuil.

Elle est vêtue d’une longue robe rouge et Bordeau, ses longs cheveux blonds attachés en une grande natte lui descendant sur l'épaule …

Elle tire une chaise et vient prendre place à sa droite, attrapant une coupe de vin au passage.

Elle fait un sourire charmeur et lance un regard … Vers Onirym

Sinara : Bien sûr mon cher ? Qui d’autre attendiez-vous ?

Le retour de Sinara

Le retour de Sinara

La fête se poursuit jusque tard dans la nuit.

Tout le monde boit, chante et danse.

Les convives sont tous ravis du retour de Sinara … Sauf peut-être Gontrand. Onirym passe une partie de l'après-midi à le rassurer … Non il ne va pas le mettre dehors maintenant que Sinara est rentrée …

Il peut rester … Et oui c’est sûr, il ne va pas changer d’avis !

Onirym est sollicité de toute part, malgré tous ces efforts, il n’arrive pas à trouver un instant pour discuter avec Sinara. Il a pourtant tant de choses à lui dire ! Tant de questions à poser …

Frise

Il profite enfin d’un temps de somnolence généralisé pour s’éclipser … Il cherche Sinara du regard …

Il la voit, sur une des terrasses du palais, surplombant la ville …

Il l’a rejoint. Plus il s’avance et plus son coeur bat fort dans sa poitrine, au point d’exploser !

Elle est débout, les bras posés sur la balustrade, les yeux dans les étoiles …

Il vient se positionner à côté d’elle. Sans dire un mot …

Tous deux profitent de cet instant magique, l’un à côté de l’autre, sous le ciel étoilé.

Puis Sinara tourne son regard vers lui. Ses yeux l’envahissent, ils sont si beaux !

Sinara : tu as remarqué ? On dirait que la lune et les étoiles brillent moins que d’habitude ce soir …

Onirym : c’est le 5ème fléau … Ils se succèdent à un rythme de plus en plus rapide …

Onirym a l’esprit qui tourne à cent à l’heure … Les sens tout chamboulés par la présence de Sinara et le cœur qui continue son solo de batterie endiablé !!!

Il pense : Vas-y imbécile ! Dis quelque chose ! Un truc sur les étoiles ? Du style tes yeux ont capté toute la lumière du ciel … Non c’est trop nul ! Mais tu étais passé ou ??? Trop direct … Et si je disais rien et que je l'embrassais juste ! Oui c’est bien ca … Non ! C’est pas bien du tout !!! Et si elle ne voulait pas ??? Ahhhhhhh mais qu’est ce que je dois faire ???

Sinara semble percevoir le trouble qui envahit Onirym. Elle pose sa main sur la sienne et vient se blottir contre lui. Elle murmure : tu m’as manqué … Je suis désolé d’être partie comme cela …

Onirym reprend son souffle, il ne pensait pas que son cœur pouvait encore monter d’un niveau dans son tam tam passionné ! Ce n’est rien … C’est moi qui me suis conduit comme un imbécile … Je n’aurais jamais dû te repousser … mais c’est que …

Sinara plonge ses yeux dans les siens : chut … pas de mais … pas d’excuses … pas de regrets …

Son regard change du tout au tout, ses yeux se mettent à pétiller et un large sourire malicieux s’affiche sur son visage : et tu sais gros nigaud que je n’ai jamais été très loin ? On s’est même parlé !

Onirym : quoi ???

Sinara : oui … la représentation de la troupe de théâtre (1) …

Onirym : c’était toi ?

Sinara : Bien sûr !

Onirym : tu danses très bien …

(1) Cela s'est passé dans l'épisode La légende des oeufs du phénix.

Le temps s’arrête

Onirym se remet à penser : haaaaaaa ! Imbécile !!! Tu danses très bien !! T’avais pas un truc encore plus plat et stupide à lui sortir ???

Sinara coupe le silence par un long éclat de rire et dit : En fait j’étais juste sortie prendre l’air … Un pas après l’autre … J’avais besoin de réfléchir … Et j’ai fait une grande découverte sur moi même ! J’ai testé pleins de choses : actrice, danseuse, chanteuse … J’ai même été diseuse de bonne aventure … Et surtout la justicière masquée ! C’est fou comme les rues de ta ville grouillent de brigands ! C’est quand même dommage que se soit une jeune fille comme moi qui soit obligée de faire quelque chose …

Onirym : oui … tu as raison ….

Sinara : mais j’en suis arrivée à une conclusion : tu avais raison, je ne suis pas faite pour être bouffon du roi ! Au fond je crois que je voulais fuir mes responsabilités en prenant un idéal à cent lieues de se que l’on attendait de moi !

Du coup il faut que je prenne mes responsabilités ! Je vais donc rentrer chez mon père …

Le coeur d’Onirym s’arrête de battre. Le monde s’écroule autour de lui.

Toute la noirceur de l’univers se drape autour de lui dans un manteau de désespoir …

Il se met à trembler. Les larmes lui montent aux yeux.

Sinara se jette dans ses bras : Oh pardon ! Ce n’est pas drôle ! Mais je n’ai pas pu m’en empêcher ! C’était pour voir si tu tenais à moi … A voir ta tête de chien battu j’ai ma réponse …

Tu penses vraiment que j’ai envi de rentrer chez moi ? Mon père me ligotera et me mettra dans le premier carrosse direction mon futur mari ! Hors de question !

Onirym respire un grand bol d’air. Comme un nageur qui remonte à la surface … Décidément la petite ne lui épargne rien …

Sinara reprend : tu sais, je ne sais pas où nous deux ça va nous conduire … Juste un petit conseil, il faudra bien que tu parles à un moment ou un autre … Je ne vais pas passer mon temps à faire des monologues ! Mais plus sérieusement … L’amour est un petit animal fragile, et cette aventure m’a fait prendre conscience que les choses ne sont pas acquises … Même si nous avons des sentiments purs et sincères l’un pour l’autre … Il ne faut pas en rester au stade des certitudes. C’est pourquoi je ne ferai pas de grandes promesses … D’autant que les jours sombres qui s’approchent n'incitent à faire des perspectives d’avenir !

Mais je veux que notre amour soit une force ! Un phare dans la nuit, qui te donne le courage de braver les Dieux et la fatalité ! Que se soit une source de motivation ! Un bouclier qui protège le monde ! 

Onirym : oui je comprends et je t'en remercie.

Il sert Sinara tendrement contre lui et l’embrasse langoureusement …

 

Le temps s’arrête

 

Plus rien n’existe

 

Que leur souffle, leurs bouches, et leurs corps qui s'effleurent.

 

Puis le temps reprend son cours.

Un faucon qui parle

Onirym : je t’aime ma douce. Tu as raison, prenons notre temps, nourrissons notre amour, laissons le grandir jusqu’à se qu’il soit un arbre majestueux !

Les deux tourtereaux se sentent brusquement épiés.

Ils se retournent et voient des dizaines d’yeux et de visages radieux, derrière les fenêtres de la salle de réception qui les regardent !

Onirym et Sinara rentrent rejoindre leurs amis.

Onirym : vous avez vu les étoiles ?

Pépette : oui … Il va bientôt falloir sortir les parapluies … Parce que le fléau suivant c’est les oiseaux qui ont la diarrhée …

Un garde arrive, essoufflé et tout rouge. Il se dirige droit vers Garmir et lui souffle quelque chose à l’oreille.

Garmir prend un air grave : ça y est les amis nous y sommes … L’armée du Dieu Sombre est sur nous … Les éclaireurs les ont aperçu. Ils seront sur nous dans une dizaine de jours maximum ….

Epée

Après avoir raccompagné Sinara à ses appartements et échangé avec elle un long baiser passionné, Onirym entre dans ses quartiers.

Il est envahi par tant de sentiments paradoxaux ! Une joie immense d'abord … Mais aussi une crainte et une peur, sourde, profonde, comme une lame qui lui tranche le ventre …

Il jette ses bottes dans un coin de sa chambre et s'effondre sur son lit.

Il entend alors une voix qui dit : Alors mec ? T’as pécho ?

Il se relève, vigilant, tous les sens en alerte, sortant sa dague elfique.

Il scrute la pièce. Personne.

Voix : et mec faut se détendre !

Posé sur une table, devant le fenêtre … La cage avec le faucon !

Onirym : c’est toi qui parle ?

Faucon : yes man !

Onirym : je crois que j’ai bu plus que de raison …

Faucon : no man ! Alors raconte ! La petite blonde, elle est vachement mignonne ! Tu l’as emballé ?

Onirym : mais c’est quoi ça un faucon qui parle ? Et c’est quoi ce langage ?

Faucon : je te propose un marché, tu me laisses sortir de cette petite cage et je te raconte tout ! T'inquiète pas, je compte pas me faire la malle ! Ça a l’air vraiment classe ici !

Onirym s’avance et ouvre la porte de la cage.

L’oiseau sort, s’envole et fait plusieurs fois le tour de la chambre pour se dégourdir les ailes puis vient se poser sur le dossier d’un fauteuil.

Faucon : c’est cool mec !

Onirym : mais de rien … Alors … t’es qui ? t’es quoi ?

Faucon : je suis pas sûr d’être ce que vous appelez un faucon … Note bien que j’ai aucune idée de ce qu’est un faucon ! Chez moi les gens comme toi m’appellent perroquet. Je vivais dans une petite île vachement cool, j’avais tout un tas de pépé, je chantais dans les arbres je picorais des fruits … Le rêve …

Sur tous les piafs du monde il a fallu que Pépette tombe sur toi

Sur tous les piafs du monde il a fallu que Pépette tombe sur toi

Puis des pirates sont arrivés sur mon île et leur capitaine m’a capturé. Avec eux j’ai voyagé sur toutes les mers. C’est lui qui m’a appris à parler. On a drôlement bien rigolé ! Une sacré équipe !

Puis ils ont été capturés eux aussi et pendus pour piraterie. Un marchand m’a racheté, et j’ai fini par atterrir ici. Voilà mec tu connais toute mon histoire ! Donc maintenant si tu pouvais me trouver une petite pour me dégorger le poireau et me faire monter quelques graines ce serait super cool !

Onirym : Ok … Super … Par contre pour la chasse au faucon je pense qu’il faut que j’oublie ?

Perroquet : t’as raison mec ! Je suis bigleu comme une taupe et plutôt lourdaud … Par contre je joue très bien aux dés et à tous les jeux de taverne inimaginables ! Et je suis sûr que je te couche sur un concours de rhum !

Onirym : sur tous les piafs du monde il a fallu que Pépette tombe sur toi …

Perroquet : ça te pose un problème ?

Onirym : non … C’est juste que tout ceci est assez … inattendu ! Et je pensais avoir mon compte en sensations fortes et surprises pour aujourd’hui !

Perroquet : oh moins tu te souviendras de cet anniversaire ! Alors mec raconte ! La petite tu lui a mis la main au panier ? Et quand tu l’as embrassée t’as mis la langue j’espère !

Onirym : oui bon alors on va établir quelques règles, parce qu'ici on est pas sur un bateau pirate ! Donc on ne parle pas de la gente féminine en des termes aussi crus ! Et mon histoire avec Sinara ne regarde que moi et j’ai pas de détails à te donner espèce d’oiseau lubrique.

Perroquet : ainsi la pépé s’appelle Sinara … Je m’en souviendrai … Et pour moi tu peux faire quelque chose ?

Onirym : je te montrerais le chemin vers la volière et le pigeonnier demain …

Perroquet : nickel mec ! T’es un chef ! Tu peux dormir sur tes deux oreilles, je veille …

Onirym : merci bien.

Barre

La nuit est des plus douces.

A part le perroquet qui parle en dormant.

Onirym est donc réveillé en sursaut régulièrement par des “Ah l’abordage !”, “Boutefeu !!!!”, "Triple patte", autres propos et insultes de pirates que nous tairons ici pour les oreilles chastes des lecteurs …

Livre 2 - suite / L’anniversaire d’Onirym …

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