Le barzougalpahium

Leonardo

Onirym reprend son souffle. C’est comme s’il était tombé du dernier étage de la tour !

Ses pieds touchent bien le sol … Il reprend petit à petit son équilibre. Le monde arrêter de tourner autour de lui.

Il remarque tout de suite que quelque chose cloche ! Il n’est plus du tout dans la vieille bibliothèque poussiéreuse du palais. Il n'est plus du tout dans le palais aussi d'ailleurs … Ni même dans la cité, ou en aucun coin de son royaume !

Onirym est au milieu d’un petit chemin, en pleine journée. Le soleil brille haut dans le ciel, et le paysage autour de lui n’a rien à voir avec un lieu familier.

Il aperçoit d’un côté des monts vallonnés et partout autour une vaste plaine cultivée avec ça et là de grandes fermes aux toits de tuiles arrondies et rouges. De hauts cyprès, des cèdres et d’autres arbres inconnus agrémentent le paysage au milieu des champs, des pâturages et de nombreuses vignes !

Une fois remis du choc Onirym fait la seule chose qui lui semble avoir du sens : avancer tout droit sur le chemin. Il doit bien mener quelque part … Il y aura des gens, il pourra savoir où il est et comment rentrer chez lui …

Au bout d’une grosse heure de marche, il aperçoit au loin une ville ! L’espoir revient ! Il augmente l'allure pour arriver avant la nuit. Arrivé aux portes de la cité, il peut lire un panneau sur lequel est indiqué “Florencia”. Jamais entendu parlé … Il se dirige vers un groupe de paysans qui poussent une grosse charrette de foin. Mais il se rend très vite compte qu’il ne comprend rien à ce qu’ils racontent ! Jamais il n’a entendu cette langue … Etrange … Mais où a t il bien pu atterrir ?

Onirym pense : ca doit être un dialecte de péquenaud, je vais aller voir les gardes à la porte, ils me comprendront …

Mais là, catastrophe, les gardes ne le comprennent pas non plus ! Onirym fait des grands gestes, essaie tous les mots simples qu’il connaît mais les gardes ne pigent que dalle !

Agacés, le prenant pour un fou, ils commencent à le menacer de leurs pics pour qu’il fiche le camp.

Onirym s’éloigne et hurle désespérément : Mais il n'y a personne qui me comprenne dans ce coin pourri !!!

Un vieil homme se tourne alors vers lui et lui répond, dans sa langue : si moi je vous comprends, mais ce n’est pas parce que personne peut qu’il faut insulter les gens du coin !

Onirym se précipite vers lui : excusez-moi vieil homme mais je suis désespéré ! J’ai atterri ici, je ne sais même pas comment ! Ma femme est enceinte je dois la rejoindre au plus vite et …

Vieil homme : c’est bon ! Pas besoin d’inventer d’histoire rocambolesque ! C’est l'aumône que vous voulez, tenez voici un florin !

Onirym refuse la pièce que lui tend le vieillard et reprend : non non ! je ne veux pas de votre argent ! Quoi que ce serait bien utile si je ne veux pas crever de faim dans les prochains jours, mais ce n’est pas le sujet ! Ce que je vous dis est vrai ! Je veux rentrer chez moi !

Vieil homme : ok ok calmez vous … Vu votre langue je dirais que vous venez du royaume de France …

Onirym : la France ? Non ça ne me dit rien du tout. Je viens d’Arendyll, du royaume d’Onirym !

Vieil homme : je ne connais pas … Ça m'énerve parce que je suis plutôt calé en géographie ! Venez, je vous emmène chez moi, on pourra discuter tranquillement et résoudre ce mystère. Au fait, je m’appelle Leonardo.

Onirym : enchanté, moi c’est Onirym.

Onirym suit le vieil homme dans la cité. Il a de longs cheveux blancs et une grande barbe blanche également. Ils arrivent dans une sorte d’atelier en désordre. Il y a de nombreux croquis et peintures dans tous les coins, des sculptures et des maquettes de machines étranges …

Onirym : vous êtes une sorte d’artiste ?

Leonardo : je m'intéresse à beaucoup de choses, peinture, sculpture, astronomie, architecture, art militaire, anatomie, sciences, botanique …

Onirym : oui vous êtes une sorte de savant …

L’homme lui sert une coupe de vin, rouge et capiteux. Après avoir laissé le temps à Onirym de finir son verre il reprend : alors, parlez moi de vous, que vous est il arrivé ?

Onirym : j’étais dans la bibliothèque. Je cherchais un livre pour apprendre à être père, quand j’ai découvert, ou plutôt quand m’est tombé dessus, une étrange sphère métallique. Elle était cachée dans un compartiment secret d’un livre qui est tombé d'une étagère ! En examinant la sphère elle a commencé à luire et je me suis comme retrouvé "projeté" ici. Sur le chemin.

Leonardo : Ha oui ça c’est pas banal comme histoire …

Onirym fourre la main dans sa poche et en sort l’étrange sphère. Elle est complètement terne et les runes dessus sont à peine visibles.

En voyant l’objet, le regard du vieux savant change du tout au tout : ça alors ! Mais ce n’est pas possible !!!